L'amour d'une mère pour son enfant ne connaît ni loi, ni pitié, ni limite. Il pourrait anéantir impitoyablement tout ce qui se trouve en travers de son chemin’ (Agatha Christie)

 

 

 

Après ma colère contre le monde terrestre et mon imploration à la voûte céleste, j’étais arrivée chez moi dans un étrange calme intérieur. C’était comme si, j’avais un travail à réaliser. Je ressentais une énergie que je ne me connaissais pas et prête à affronter toutes les étapes de ce crabe contre vent et marée.

C’était encore une fois, un sentier qui n’était pas normal et ni dans la logique de la vie.

Annoncer la mort prochaine de son enfant que l’on a mis au monde, pour une mère, c’était annoncer la mort d’une partie de mon âme, de mon cœur et de mon être.

L’autre partie de moi-même était mon deuxième fils. Comment allait-il réagir en apprenant que son frère allait mourir. Allons-nous, tous nous effondrer ?

J’avais transmis à mes enfants de l’amour, de travailler pour gagner son argent, de trouver des solutions dans les moments difficiles, d’être une famille soudé mais pas la violence, ni frapper mes enfants pour qu’ils obéissent, ni d’être dur ou lâche face à un évènement familial imprévu.

Alors, quelle force avais-je transmis à mes garçons et avait, celle de l’amour ?

Dans la vie, nous sommes tous et toutes des exemples, quel que soit la position hiérarchique, nous transmettons un exemple. L’État donne l’exemple, les Patrons d’entreprises, la Télévision, Internet, l’École, l’Église, la Famille, les Parents donnent l’exemple, à un enfant en bas de cette pyramide d’exemples, qui va grandir en se demandant, lequel vais-je prendre ?   

La réponse de mon fils à son frère était : « Il va se battre, un point c’est tout ! Il n’est pas tout seul, nous sommes là. »

 

Ma deuxième moitié me secondait énergétiquement mais comment annoncer la nouvelle, parler avec les mots de la médecine n’était pas simple.

Le diagnostic était froid, néanmoins, dans le respect de son serment. Fallait-il aborder le sujet avec les techniques du corps humain ou avec mes émotions qui s’étaient figées.

D’autre part, à qui en parler et vers qui aller ?

Vers des personnes qui ne me connaissaient pas et me donneront des avis sans avoir vécu ce drame, ne m’apportera rien pour m’aider dans cette situation.

J’avais demandé l’avis à mon fils car c’était avant tout, lui, que cela concernait. Il m’avait donné rapidement le choix à prendre dans mes démarches en me disant :

« Je ne veux pas de pitié, je ne veux pas voir des gens que l’on ne voit jamais ou qui ne veulent plus nous voir par leurs histoires et je ne veux pas entendre des gens parler d’untel pour nous dire qu’au final, cette personne était décédée. Je n’ai pas besoin de savoir ce que je sais déjà. Je veux juste rester avec ceux que j’aime et qui m’aiment ».

Il avait pensé aussi à sa mémé en disant, « Finalement, heureusement qu’elle est dans son monde, pour ne pas entendre la nouvelle du nôtre »

Il avait voulu annoncé lui-même par téléphone, sa mort, à sa famille paternelle.

Je m’étais demandé, devant son courage, comment un adulte peut-il juger un jeune homme, ce qu’il vaut, son savoir vivre, son savoir être, sans le connaître et sans se connaître lui-même ?

Plus tard, mon fils me demandait ce que je voulais comme héritage, comme souvenir de lui. J’étais restée sans voix et il avait reçu un sermon car il fallait qu’il garde la foi de la vie malgré tout. Ce qu’il ne m’avait pas dit, c’était qu’une personne lui avait demandé des photos en souvenir de lui et qu’il avait été dépité par cette attitude.

Comme mon fils, j’avais ouvert la bouche pour la refermer aussitôt sans savoir, que j’allais découvrir le revers du rideau humain, la vérité sur l’esprit des jugements faciles et négatifs d’une image, celle de l’autre. Mais l’autre, n’est pas le miroir de soi-même.

Je savais par les accompagnements près de mon frère et de ma mère, comment le mot cancer réagissait dans l’esprit des gens. Certains avaient peurs de l’attraper, d’autres n’osaient pas pour ne pas faire d’impers ni blesser, quelques-uns faisaient des comparaisons ou leurs diagnostics, une poignée d’inconscient au non savoir vivre et une pincée à tendre la main.

J’avais donc pris la décision de respecter les vœux de mon fils et de ne rien dire à personne, en dehors de celles que je rencontrais dans mon quotidien afin de les prévenir de ma situation familiale. Et si le positif humain se proliférait autant que le négatif, nous aviserions à ce moment-là.

J’avais gardé en mémoire comment se passaient les traitements avec ses effets sur le corps humain, toutes les étapes dont mes proches avaient traversé avec leurs souffrances physiques et émotionnelles, avec les déplacements, les attentes et les démarches administratives mais aussi, avec les petits riens qui leurs faisaient un grand bien.  

En attendant la décision de l’hôpital sur le protocole à suivre, je devais tout faire pour que mon fils garde le moral et avancer car le cancer évolue rapidement dans le corps d’un jeune. La pensée de baisser les bras ne m’était pas venue car il fallait réagir et vite. Je devais m’assurer également, qu’il ne tombait pas, qu’il ne se cognait pas la tête et ni d’attraper un rhume ou c’était le retour aux urgences.

Il y a un dicton sur la vie : tant qu’il y a la vie, il y a l’espoir. L’espoir de la vie, c’est le positif de vivre et mettre la peur de la maladie en stand-by. J’avais motivé mon fils à poursuivre son chemin, son objectif, ses rêves, en sachant qu’il allait rencontrer des portes fermées mais sur un chemin, il y a beaucoup de portes et si l’une était fermée, de continuer et de passer à la suivante.

J’avais vu aussi, l’écartement familiale qu’engendrait la maladie mais une vraie famille ne s’écarte pas, elle se resserre dans les moments difficiles de la vie. Je voulais montrer à mon fils qu’il faisait toujours partie de notre famille, en continuant à le faire participer à des tâches familiales, même si elles étaient moindres, il se sentirai toujours ‘vivant’ et aimé dans sa famille.  

J’avais tant de chose à prévoir et des recherches à effectuer que cette première étape avait été vite passée, en gardant le positif et en faisant abstraction du négatif humain pour moi et pour mon fils.

 

Le sentier des citations et des émotions

"Si tu veux connaître quelqu'un, n'écoute pas ce qu'il dit mais regarde ce qu'il fait" (Dalaï-Lama)

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