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Michel Pépé - The best of Espace Turquoise
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‘Ce qui compte, ce n’est pas ce que l’on donne, mais l’amour avec lequel on donne. (Mère Teresa)

En reprenant ma liberté de vivre, j’avais perdu une partie de ma famille car j'étais devenu un cas social. Je ne comprenais pas leurs réactions en m'interdisant de revenir les voir avec mes enfants. Certains acceptaient mais je ne devais pas aller trop souvent et ne pas demander d'argent, d'autres étaient gênés de ma visite et de ne pas pouvoir me donner des vêtements pour mes enfants.

J'étais curieuse de savoir ce qui m'avait transformé à leurs yeux, du jour au lendemain. J’avais cherché la définition de cette image « cas social » qui me coupait de mes liens familiaux.

C’était une famille qui se retrouvait dans une situation très difficile financièrement, avec un risque d’exclusion sociale, demandant une prise en charge par la société.

Je comprenais leurs inquiétudes mais l’exclusion familiale n’était pas mentionnée.

Comment une femme qui travaille peut-elle être différente entre ; célibataire, divorcée ou veuve ? De même, la femme trompée qui ne regarde pas derrière son rideau ?  La seule différence, ce sont des enfants qui deviennent les victimes de cette image. La vie d’un être humain appartient à lui seul et le chemin qu’il prend, reste, en son âme et conscience. 

Ce qui me surprenait, c’était la différence de cette image du cas social entre un homme et une femme dans cette situation. L’un était accepté mais pas l’autre ou l’un avait plus d’avantage que l’autre, en gardant le lien familial, en ayant plus d'aides sociales ou un logement plus grand et sans avoir besoin de travailler.

Je comprenais que l’argent était devenu si intime, qu’il avait engendré une dépendance pour vivre, le seul moyen d’exister par, une image et dans laquelle, le lien familial avait également sombré par condition.

Vingt ans plus tard, je m’étais retrouvée face à des mœurs qui n’avaient pas changées ni évoluées mais proliférées à la mode comme la manipulation.

Pour être une femme, j’avais reçu le droit à une autre image mais, sans ses avantages et elle était si importante à leurs yeux que la protection de la vie d’autrui en devenait futile.

Je n’avais pas d’autres choix que d’accepter cet abandon familial qui impactait mes enfants et m’avait fait prendre une décision de non-retour.

La vie m’ouvrait la fenêtre de la liberté pour ma sécurité et celle de mes enfants. Ma mémoire avait enregistré assez de connaissance pour vivre avec l’amour de mes enfants, qui étaient ma raison de vivre.

Nous habitions en centre-ville dans un petit deux pièces avec vue sur le ciel. Mes enfants de sept et trois ans dormaient dans la chambre et moi, dans la cuisine sur un clic-clac, qui faisait son bruit au coucher et au lever du soleil. La proximité des écoles permettait de les accompagner sans prendre ma voiture et à mon fils ainé, de prendre en charge le chemin de leurs écoles lorsque mes horaires de travail commençaient avant l’ouverture des classes.

Je travaillais à mi-temps dans une grande surface avec des horaires aléatoires et je devais anticiper pour protéger mes enfants lorsque je finissais tard. Les mercredis et samedis, ils allaient chez ma mère qui était devenue leur deuxième maman. Pour les soirées, une baby-sitter allait les chercher après l’école et les gardait jusqu’à mon retour. Un retour qui arrivait parfois trop vite, par le bonheur de jouer sans voir l’heure passer.

Un soir, le verrou de ma porte était resté fermé, sans pouvoir rentrer chez moi. Lorsque j’avais eu le droit d’y entrer, il y avait sur la table, une petite brioche avec trois bougies plantées dedans, des dessins où nous étions tous les trois devant une grande maison et un bouquet de fleurs, pour mes trente ans. Le peu d’argent que je leur donnais était pour leurs petits plaisirs mais il avait servi pour acheter mon cadeau. Ce cadeau peut être normal ou simple mais il avait été pour moi, d’une intensité d’amour immesurable. C’est l’amour inconditionnel donner avec le cœur, un retour sans prix et une image d’une grande valeur.

J’avais fait des ‘pactes’ avec eux, pour installer des règles afin de ne pas les voir subir la même souffrance que moi et de leur transmettre au mieux, mes bases qui s’étaient enrichies.

  • L’amour était un partage sans modération, qui nous unissait chaque jour plus intensément comme les trois mousquetaires, un pour tous et tous pour un, ancré pour la vie.

  • Le respect des règles servait à protéger sa vie et celle de ceux que l’on aime. Le respect des autres passait par tous les sujets sans tabou, sans cacher la vérité, de la question à l’expression en passant par des exemples pour la compréhension.

  • La confiance bannissait le mensonge, pour garder le respect de notre lien sans trahison.

  • La responsabilité des actes donnait une leçon à la vie où chaque cas, devenait un exposé afin d’en prendre conscience.

Mes revenus nous permettaient de vivre mais pas d’emmener mes enfants en vacances. J’avais un salaire à mi-temps, une pension alimentaire imposable pour la participation alimentaire et le remplacement paternel, une aide au logement et à peine un euro par jour d’aides sociales pour leurs vacances.    

J’avais appris le plus important sur l’argent, une aide principale pour vivre. Je ne demandais rien car j’avais mon huile de coude. Il me fallait travailler plus et réaliser toujours des économies, pour voir briller la mer dans les yeux de mes enfants.

Un jour, l’assistante sociale était venue me voir pour prendre de mes nouvelles. J’étais surprise et elle, ne comprenait pas pourquoi je n’étais pas inscrite pour les vacances familiales. Je lui avais répondu : l’année prochaine si tout va bien. Elle regardait mes enfants et elle avait pris la décision d’organiser nos vacances pour un repos méritoire. Je n’avais pas l’habitude de recevoir et j’étais gênée par ce don mais elle avait des arguments qui dépassaient mon incrédulité sur le pouvoir de ce don.

Je devais travailler pour gagner de l’argent et je m’étais promise d’anticiper pour les emmener en vacances, c’était la responsabilité de mon âme et d’exemple pour mes enfants.

Je m’étais inscrite pour réaliser des missions d’intérim, avec des horaires complémentaires à mon travail. Je réalisais mes économies alimentaires et énergétiques avec l’apprentissage hérité de mes parents et le peu d’année au lycée. J’achetais les vêtements pendant les soldes d’hivers que je transformais en vêtements d’été.  Je faisais les boutiques de tissu pour réaliser des tenues trop chères à mon budget et je confectionnais mes vêtements ou tout autre créativité.

Chaque année, j’emmenais mes enfants en vacances avec du rêve dans les yeux et le bonheur de vivre ensemble ces moments inoubliables. Ils avaient appris à nager pendant leurs vacances, ils étaient heureux et en paix.

Ces efforts m’avait également permis de changer de voiture mais l’orpheline n’avait pas grandi dans les consciences et l’argent est une jalousie qui disperse, dans son aveuglement.

Ils m’apportaient aussi la possibilité de chercher un logement plus grand pour ma famille mais là encore, la femme était l’image du non savoir-faire et rabaissée au point 0.

La femme est considérée comme une faiblesse dans la société, par une catégorie d’hommes. Pourtant, comme les hommes, les femmes sont semblables mais différentes, humaines mais uniques et la faiblesse de la femme, c’est cette grande force sans laquelle, cette catégorie d’hommes ne serait dans ce monde.

Malgré mon hypersensibilité, mes enfants et mon huile de coude m’avaient donné assez de forces, pour mettre mon petit point sur une table et obtenir un plus grand logement.

Après le déménagement, mes enfants étaient heureux d’avoir leurs chambres. Le dimanche matin était un bonheur pour enfin dormir sur le matelas de maman. Un an plus tard, je pouvais acheter un lit et le droit de recevoir mon petit déjeuner dans mon lit.

Pendant quelques mois, mes enfants revenaient de leurs week-ends de garde en se plaignant de recevoir des coups. Ils ne voulaient pas y retourner et ils faisaient des crises dépressives avant de repartir le prochain week-end.  Je les écoutais mais je me trouvais dans une position difficile sans pouvoir de décision. J’avais pris rendez-vous avec un juge pour enfant qui les avait entendus et me révélât que mes enfants souffraient beaucoup pendant leurs week ends. Elle avait conseillé un suivi psychologique pour l’un d’eux sans pouvoir faire plus car mon fils n’avait pas de marque de ces coups. Mais, il les avait gardés en mémoire tout au long de sa vie et ces conséquences avaient déstabilisé sa scolarité.

Mes enfants grandissaient et changeaient d’école avec les inconvénients que j’avais rencontrés, par des bases de non savoir-vivre. L’apparence était égale à la valeur du compte en banque des parents ou de leurs situations. Il fallait donc trouver d’autres solutions pour être admis dans une société où le paraître avait son importance. En cherchant un peu, nous avions trouvé des organismes de dons de vêtements qui étaient pour moi, une mine de possibilités. Trouver ce qui ressemblait le plus à une marque de sport connu était un jeu d’enfant, pour une apparence parfaite. Mes enfants étaient très contents de l’effet de ce stratège, tout en apprenant la différence entre la valeur d’être et de paraître ou entre l’amour et l’argent. Ils avaient appris aussi la ‘débrouille’ et trouvaient les magasins des marques dégriffés mais le plus important, était qu’ils se sentaient bien dans leurs baskets.

L’apparence, une image qui fait toute la différence aux yeux du monde mais qui cache, sa réalité derrière un rideau.

Avec mes sens et mon amour, mes enfants n’avaient pas de secret pour moi mais je voulais respecter leurs libertés de s’exprimer. Je leur avais appris la communication sans tabou sur tous les sujets de leurs âges, à chaque étape de leurs vies et au moment où ils en ressentaient le besoin. Ils savaient que je les écoutais, comprenais et respectais leurs demandes.

Ils apprenaient les fonctions du corps de l’homme et de la femme dont certaines questions me poussaient vers des recherches, inconnues pour une femme. Par ces connaissances, ils aidaient également leurs amis, dans les cas où ceux-ci n’avaient pas d’écoute.

Cette expérience m’avait montré le respect de l’autre, entre celui acquis de ces connaissances et l’ignorant moqueur.

Mes enfants prenaient conscience, de l’importance du dialogue ouvert avec un parent dont le cœur était plus instructif que les coups. L’un faisait grandir en mettant du baume au cœur et l’autre, rabaissait en laissant des bleus à l’âme.

Un enfant ne vient pas au monde par condition ou pour l’apparence ou pour un revenu et ni par hasard. Il n’est pas le joker du pouvoir ou du mal-être, c’est un être humain et une vie innocente.

Nous récoltons ce que l’on sème et transmettons cette semence, qui est l’empreinte de notre héritage et non pas une image mais la réalité de notre conscience.

L’héritage que j’avais reçu était mon devoir, de transmettre ces valeurs fondamentales.

Mes enfants poursuivaient leurs vies, leurs études, leurs activités et leurs indépendances mais revenaient vers leur noyau du cœur, là où ils se sentaient bien, aimés, écoutés, entendus et vivre en toute liberté.

Un jour, ils m'avaient proposé d’acheter une maison ensemble plutôt que de vivre seul, chacun de son côté et dans la pénibilité qu'une société nous impose, pour avoir réussi à nous sortir d'un cadre avec notre huile de coude. La présence de l’autre et les vécus familiaux avaient laissé des empreintes. Celles, d’être bien ensemble, d'une solidarité à toutes épreuves et de pouvoir poursuivre ce lien ancré.

Cela me permettait de toujours transmettre à mes enfants, un héritage et de les protéger. Ainsi, de mettre au vert les stimuli de mes sens qui captent le monde qui m’entoure, en les utilisant à bon escient et faire une pause à ma mémoire exponentielle.

Après quelques recherches, nous avions trouvé notre "coup de coeur"  à notre vie familiale et nous permettait de créer un site d’accueil, pour transmettre nos valeurs au tourisme, aux enfants, en créant des ateliers. Avec mes sens, j’avais relevé un potentiel de créativité en lien avec la nature et le bien-être.

L’engagement était acquis et encouragé par les professionnels, de l’immobilier en anticipant sur des frais et de financement en nous promettant la réalisation de notre rêve. L’acte Notarial était en vue mais, du jour au lendemain, notre projet c’était totalement effondré sans savoir pourquoi. Ces professionnels avaient « tournés » leurs vestes sans explications et en anéantissant le coeur d'une famille.

Notre lien du cœur et notre projet familial, s’étaient retrouvé face au pouvoir de l’argent, une faiblesse dont l’homme a acquis à la naissance, sans avoir hérité de la définition de la devise Républicaine, du respect et de l’amour inconditionnel.

Le sentier des citations et des émotions

"Si tu veux connaître quelqu'un, n'écoute pas ce qu'il dit mais regarde ce qu'il fait" (Dalaï-Lama)

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