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Michel Pépé - The best of Espace Turquoise
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‘Soumettre une femme, c’est enfermer son cœur en prison.’(Idée)

A treize ans, j’étais une enfant perdue au milieu de nulle part. Ma mère s’inquiétait pour moi mais elle était démunie et aussi perdue que moi. Elle était devenue veuve dans un souffle entre ses bras, quatre enfants restaient à sa charge et le travail de sa petite ferme lui prenait beaucoup de temps. Elle n’avait pas le permis, ni le téléphone et aussi, la proie facile aux prédateurs.

Je la voyais malheureuse de sa situation et à cause de l’argent. J’avais appris la valeur de l’argent chez le notaire de mes parents.

Toute la famille était réunie dans son petit bureau ou tous parlaient dans un brouhaha et il m’avait posé une question qui fut répétée dans le silence. Il me demandait l’autorisation de donner à ma mère ma part d’héritage. Je ne comprenais pas ce que cela voulait dire et il m’expliquât ; l’argent que mon père me laissait, servira à aider ma mère pour mon éducation, cet argent fera des petits et il me sera restitué à son décès. Le dernier mot, je le connaissais et j’avais signé car je ne voulais surtout pas, que ma mère m’abandonne également. Quant à la restitution, elle fut oubliée dans les mémoires et les archives.

Je repartais donc seule sur ce chemin de l’école, à vélo puis en autocar, dans lequel je passais tout le trajet à regarder le ciel.

L’école m’ennuyait et je n’avais plus envie d’aller dans ce collège. J’y voyais des élèves heureux et la méchanceté d’autres éléments qui faisaient rire un clan. Là non plus, je ne comprenais pas pourquoi, ces élèves perdaient leurs temps dans la méchanceté, en rendant malheureux leur cible du moment et dans la médiocrité de leur savoir-vivre.

Malgré mes capacités, mes notes étaient exécrables car ma vie s’était arrêtée avec un autre avenir incertain. J’utilisais mes sens en observant les professeurs et je faisais un effort, vers ceux qui ne mettaient pas un rideau sur l’élève orphelin. J’avais hâte d’entendre la sirène, pour quitter ce monde et rentrer dans mon espace naturel. Pour ne pas faire de peine à ma mère, je lui disais que tout allait bien.

L’un de mes professeurs m’avait annoncé un changement d’école. Il m’avait demandé de remplir un dossier qui avait été accepté, pour entrer dans un lycée professionnel.

C’était un changement qui me remplissait de joie et de motivation. Je changeais d’école pour aller préparer un CAP de couture. L’aboutissement, de la création à la fabrication, était un héritage de travaux manuels qui avait laissé des mémoires et la couture faisait partie de ces travaux manuels que j’aimais créer et confectionner. Ma mère avait été mon professeur de couture, de tricot, de cuisine, de ménage, de jardinage et ses conseils allaient m’être très utiles par la suite.

Le premier jour d’arrivée au lycée était le discours du Proviseur et l’appel de tous les élèves vers le professeur nominé. J’attendais toujours l’appel quand je m’aperçus que l’on m’avait oublié et que tous les élèves étaient partis avec leurs professeurs. Après vérification de mon affectation prévue vers une formation de CAP couture, mon avenir avait basculer sans le savoir. Mon inscription en 1ere année de CAP, avait été substituée à une autre élève inscrite au dernier moment, par des parents qui avaient plus d’arguments et mettre un rideau sur l’orpheline. Le lycée avait oublié de me ‘recaser’ dans une autre classe, il ne savait pas où me dispatcher et je me retrouvais dans un cours de préparatoire en CAP.

Mon rêve s’écroulait pour être devenue une image, non pas celle d’une enfant mais celle d’un cas à part, sans parents et sans soutien dans ce monde d’adultes. Ma motivation pour ce début d’année avait été très difficile. J’avais des cours très variés dont la couture et mes notes dans cette matière étaient au-delà de la moyenne, montrant mes qualités dans ce domaine. Mon professeur m’avait encouragé à réaliser une bonne année et refaire ma demande vers une formation couture. Malgré mes efforts, mon dossier avait été rejeté vers un CAP de collectivité. Ce domaine, je le connaissais pour l’avoir appris avec mon professeur de cœur donc, apprendre la cuisine, faire fondre du beurre ou la façon d’étreindre une serpillière, était une perte de temps et d’amusement amère.

À 16 ans, j’avais décidé de quitter ce sentier qui ne m’apprenait rien et partir vers le monde du travail avec mon huile de coude.

Le sport était ma bouée de sauvetage de mon malheur. Malgré une naissance difficile vers le souffle de la vie, j’avais des capacités fonctionnelles que les professeurs ou coach sportif ne faisaient pas remplacer par d’autres et le relationnel était motivant avec la plupart d’entre eux.

L’eau, était un endroit où je me sentais dans mon élément. Je passais toutes mes vacances d’été dans la rivière près de chez moi, au milieu des petits poissons. C’était mon espace de liberté et de calme.

Lorsque j’avais commencé les cours de natation à la piscine, j’avais d’abord dû m’habituer à l’eau chlorée. Au bout de quelques semaines, j’étais comme un poisson dans l’eau et à la fin de ma première année, j’étais arrivée au niveau des deuxièmes années. J’insistais pour aller plus loin dans cet espace bleu mais mon âge ne le permettait pas.

Suite à un conseil, j’étais aller vers un club de basket Ball. Là aussi, j’avais « loupé » des classes mais en allant à deux reprises consulter la médecine du sport afin d’obtenir l’autorisation de gravir des niveaux supérieurs.

Le sport m’apportait du souffle à la vie, qui me permettait de sortir de mon être, l’injustice du monde des adultes.

Et puis, j’avais une amie avec laquelle je pouvais parler et faire des sorties, qui me permettaient de m’évader.

C’était par ce biais que j’avais fait une rencontre qui allait me mettre sur un nouveau sentier.

L’amour, c’était quoi l’amour. Pour moi, c’était naturel d’aimer mais j’allais dans un autre univers inconnu, sans rien connaître d’une relation entre un homme et une femme.

Après quelques mois où j’avais passé des tests dans l’incompréhension, je me retrouvais fiancée à dix-sept ans et mariée à dix-huit ans. Sans comprendre pourquoi, les verdicts de mon avis et de mon choix étaient prononcés à ma place.

J’avais passé une autre classe de la vie, celle de l’adolescence.

Là encore, je ne comprenais pas pourquoi, le mariage était comme un emprisonnement, sans avoir l’option du choix, avec toujours des devoirs et des conditions. J’étais cachée derrière un rideau de gentillesse, dans une cage où je me retrouvais avec mes ailes coupées à la liberté. Celui d’être, de vivre, de donner, de recevoir, d'avoir un animal, de vouloir apprendre et de comprendre. Malgré ma tristesse de cet incompréhension, la réponse était sans appel ; c’était ça, la vie de couple. Je faisais tout ce que ma mère m’avait appris pour tenir une maison propre, faire la cuisine, la couture et parfois la coiffeuse, le barbier mais ce n’était pas suffisant. Je voyais d’autres couples qui partageaient le bonheur et ils étaient heureux. Alors, pourquoi je me sentais si malheureuse en servant un homme.

Cette vie n’était pas la mienne, elle enfermait mon cœur en prison. Ce que je faisais n’était jamais bien ou jamais assez, je devais obéir ou la main était levée et je devais faire des choses dont je ne voulais pas faire.

C’était contraire à mon sentiment de liberté et d’aimer.

Je souffrais et j’étais allée vers mes ainés pour trouver une épaule de réconfort mais là encore, la réponse m’était incompréhensible. Pourquoi une femme devrait-elle subir, souffrir, être obéissante, belle et ne pas faire ce qu’elle veut de sa vie. Je ne comprenais pas dans quel monde je vivais ni dans quelle génération je me trouvais mais pas celle de l’être humain. L’orpheline était « casée », cela facilitait sans doute, la vie de tout un petit monde que j’avais bousculé.

Après la première condition de ne pas me désenchaîner, je pensais que ma vie de femme allait enfin commencer mais cela avait empiré, en devenant la coupable sur le devant du rideau. Tout était de ma faute et je devais être le porte-parole de ce qui pouvait déclencher un désaccord familiale.

Quatre ans plus tard, la deuxième condition arriva, en me retrouvant seule entre les murs blancs de la maternité. Je n’allais pas mettre un enfant au monde mais ma mort car je ne voulais plus vivre cette vie dans laquelle, personne n’entendait ma souffrance. Je ne ressentais plus mes contractions dans les reins, ma souffrance émotionnelle était au-delà de ma souffrance physique et mon père me manquait. J’avais posé mes mains sur mon cœur qui s’apaisait doucement et je sentais mon corps devenir léger. Je ne ressentais plus rien, plus de douleurs, plus de souffrance et ma respiration diminuait calmement dans le silence et enfin la paix.

Des coups étaient venus soudain me réveiller dans le monde des vivants. Après quelques minutes, je me retrouvais entre ces murs blancs, en revenant à la réalité. C'était mon bébé qui s’agitait dans mon ventre, sans cesser de donner des coups de pieds. Il avait réveillé mon âme et j’avais calmé les peurs de mon bébé en lui faisant une promesse pour la vie. Lui donner la sienne, en le protégeant quoiqu’il arrive, de toute mon âme et reprendre ma vie en main avec mes enfants.

J’avais entrebâillé mon cœur au médecin qui était à mon écoute et elle m’avait fait une révélation, dont j’avais été rendu coupable pendant de longues années.

Trois naissances étaient nées entre ces murs blancs ; ma vie, celle de mon bébé et ma liberté.

J’avais fait le tour de ma famille de ma prise de décision, en commencent par mon fils ainé et en lui expliquant mon choix qu'il avait accueillie car lui aussi, était malheureux. Ma mère comprenait ma souffrance mais des portes se sont fermées par ma soif de liberté car au lieu de rester une image « casée », je devenais l’image d’un cas social.

Les contrôles sur ma vie intime, le harcèlement et le chantage avaient suivi, pour avoir eu la force de choisir ma liberté, plutôt que de rester une belle image, derrière le rideau de la manipulation.

Le sentier des citations et des émotions

"Si tu veux connaître quelqu'un, n'écoute pas ce qu'il dit mais regarde ce qu'il fait" (Dalaï-Lama)

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